Les États-Unis ont mis mercredi leur veto à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU exigeant un cessez-le-feu immédiat et permanent dans la bande de Gaza parce qu'elle n'était pas liée à la libération d'otages, estimant qu'elle enhardirait les militants du Hamas.
Les 14 autres membres du Conseil ont voté en faveur de la résolution, qui qualifie la situation humanitaire de «catastrophique» et demande à Israël de lever toutes les restrictions à l'acheminement de l'aide aux 2,1 millions de Palestiniens vivant dans le territoire.
La résolution présentée à l'organe le plus puissant de l'ONU ne répondait pas non plus à deux autres demandes des États-Unis: elle ne condamne pas l'attaque meurtrière du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre, et ne dit pas que le groupe militant doit se désarmer et se retirer de la bande de Gaza.
L'ambassadrice américaine par intérim, Dorothy Shea, s'adressant au Conseil juste avant le vote, a déclaré que la résolution porterait atteinte à la sécurité d'Israël, un proche allié des États-Unis, et aux efforts diplomatiques visant à parvenir à un cessez-le-feu «qui reflète la réalité sur le terrain».
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a soutenu que la résolution n'aurait fait que renforcer le Hamas. «Le Hamas pourrait mettre fin à ce conflit brutal immédiatement en déposant les armes et en libérant tous les otages restants», a-t-il déclaré dans un communiqué.
L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon, a remercié les États-Unis d'avoir refusé d'abandonner les otages. Il a affirmé que le fait que la résolution ne fasse pas de la libération des otages une condition d'un cessez-le-feu aurait mis toute la pression sur Israël et aurait donné au Hamas «du temps, un moyen de pression et une couverture politique».
Le veto américain à la résolution – le cinquième depuis le début de la guerre – a été vivement critiqué par d'autres membres du Conseil, qui ont accusé les États-Unis d'assurer l'impunité d'Israël.
L'ambassadeur de la Chine aux Nations unies a déclaré que les actions d'Israël avaient «franchi toutes les lignes rouges» du droit humanitaire international et violé gravement les résolutions de l'ONU.
«Pourtant, en raison de la protection offerte par un pays, ces violations n'ont pas été stoppées ou n'ont pas fait l'objet de poursuites», a déploré l'ambassadeur Fu Cong.
L'ambassadrice britannique à l'ONU, Barbara Woodward, une alliée habituelle des États-Unis, s'en est prise à Israël. «Les décisions du gouvernement israélien d'étendre ses opérations militaires dans la bande de Gaza et de restreindre sévèrement l'aide sont injustifiables, disproportionnées et contre-productives, et le Royaume-Uni s'y oppose totalement», a-t-elle déclaré.
Les États-Unis ont opposé leur veto à la dernière résolution du Conseil de sécurité en novembre, sous l'administration Biden, également parce que la demande de cessez-le-feu n'était pas directement liée à la libération de tous les otages.
De même, la résolution actuelle exige que les otages pris par le Hamas et d'autres groupes soient libérés, mais n'en fait pas une condition pour une trêve.
L'administration du président Donald Trump a tenté d'intensifier ses efforts pour négocier un accord de paix, après 20 mois de guerre. Toutefois, le Hamas a demandé des modifications à la proposition américaine, que l'envoyé spécial Steve Witkoff a qualifiées de «totalement inacceptables».
Ce vote fait suite à la décision d'une fondation soutenue par Israël et les États-Unis d'interrompre les livraisons de nourriture dans le territoire après que des responsables de la santé eurent déclaré que des dizaines de Palestiniens avaient été tués dans une série de fusillades cette semaine.
Israël et les États-Unis affirment que le nouveau système a été conçu pour empêcher le Hamas de voler l'aide précédemment distribuée par les Nations unies.
Edith M. Lederer, The Associated Press
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