Les feux qui font rage dans l’Ouest canadien continuent de nuire à la qualité de l’air dans plusieurs régions du pays.
Certains secteurs de l’Alberta, du Manitoba et de la Saskatchewan, à proximité des brasiers encore actifs, sont sous le coup d’avertissements émis par Environnement Canada, qui prévient des risques
très élevés
pour la santé.
Dans l’est du pays, du Nord de l'Ontario jusqu'au Labrador, plusieurs villes doivent composer avec du smog pour la deuxième journée consécutive en raison de la fumée qui s’est transportée sur plusieurs milliers de kilomètres.
- Consulter la carte des alertes émises par Environnement et Ressources naturelles Canada
Signe de la sévérité de la situation, Montréal s’est réveillée au sommet du classement d’IQAir des grandes villes les plus polluées au monde. Environnement Canada y envisage un risque élevé pour la santé durant toute la journée de samedi. Les prévisions sont semblables à Ottawa et à Québec.
Selon l'agence fédérale, les personnes âgées, les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes souffrant d’une maladie ou d’un problème de santé chronique sont les plus à risque de ressentir les effets de la pollution atmosphérique.
Le danger immédiat, c'est la précipitation d'événements cardiovasculaires ou de décompensation respiratoire. On sait que lorsqu'il y a des poussées de smog, il y a plus d’accidents vasculaires cérébraux et plus d'infarctus à cause des particules fines qu'on inhale
, explique le Dr François Reeves, cardiologue et professeur agrégé de médecine à l’Université de Montréal.
Environnement Canada a fait part de recommandations pour l'ensemble de la population sujette à la mauvaise qualité de l'air. L'agence conseille de limiter le temps passé à l’extérieur et de garder les fenêtres et les portes fermées autant que possible.
En cas de chaleur extrême […], la priorité est de rester au frais
, ajoute-t-elle.
Si une personne doit passer du temps à l'extérieur, Environnement Canada recommande par ailleurs le port d'un masque respiratoire N95 homologué par le National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH), ou l'équivalent.
Pour quelqu’un qui n’a pas de handicap respiratoire ou de maladie sous-jacente, en dehors de ceux qui entreprendront une compétition sportive ou un entraînement assez fort, ça devrait être désagréable, mais certainement pas dangereux
, soutient le Dr Mathieu Simon, chef du département de soins intensifs à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.
Une amélioration prévue à partir de dimanche
La qualité de l’air dans l’est du pays devrait s’améliorer progressivement à partir de dimanche, selon les prévisions d’Environnement Canada.
Le risque pour la santé à Montréal, à Ottawa et à Québec devrait alors passer d’élevé à modéré en journée, puis à faible en soirée.
[La qualité de l'air] tend à s'améliorer d'ici demain. Par la suite, au courant de la semaine, on va avoir un autre système qui va s'en venir et qui va compléter le nettoyage de l'atmosphère
, indique le météorologue d'Environnement Canada Jean-Philippe Bégin.
Il soutient que la pluie prévue dans certaines régions du Québec au courant des prochains jours devrait contribuer à dissiper les contaminants dans l'air, tandis que les précipitations attendues dans les Prairies risquent de faciliter le travail des pompiers qui tentent de contenir les feux.
Plus de pollution, plus souvent
La présidente de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement, la Dre Claudel Pétrin-Desrosiers, tient à rappeler que les changements climatiques favorisent l’apparition et la propagation des feux de forêt .
Les feux de forêt relâchent des particules très polluantes, très nocives dans l'air et ces particules-là voyagent sur des milliers de kilomètres
, souligne-t-elle.
À ses yeux, sans intervention pour s’attaquer à la crise climatique, les épisodes de smog risquent de devenir plus récurrents.
Quel impact ça va avoir sur ma santé de respirer plusieurs jours par été un air densément pollué tout au long de ma vie?
, se demande la Dre Pétrin-Desrosiers qui note un manque d’études scientifiques permettant d’évaluer les répercussions à long terme de la fumée des feux de forêt.
Elle y voit une raison de plus d’agir pour contrer les changements climatiques, notamment en réduisant l’utilisation d’énergies fossiles.
De son côté, le professeur à la Faculté de médecine de l'Université d'Ottawa et épidémiologiste principal chez Santé Canada, Éric Lavigne, indique que certaines études tendent à démontrer que la pollution provenant des feux est plus dommageable pour la santé que celle qui provient des activités industrielles.
Les composantes des particules fines qui proviennent des feux de forêt pourraient potentiellement être plus toxiques et pourraient potentiellement avoir des effets inflammatoires qui seraient plus importants
, note le chercheur, qui souligne, lui aussi, le besoin d’approfondir la recherche sur le sujet.
Avec des informations de Samy Rebaïne et de La Presse canadienne.
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