À travers la rencontre avec les animaux de la ferme, une virée dans les champs, en passant par le musée historique installé dans la grange, l’ambition de la famille Morin-St-Amand est de lever le voile sur le métier d’agriculteur.
Ce projet, Rémi Morin et Valérie St-Amand y pensent depuis une dizaine d'années. Leur exploitation agricole est située à Sainte-Hélène-de-Mancebourg, sur les terres familiales où le grand-père de Rémi Morin s’est installé en 1937.
Aujourd’hui éleveur bovin, Rémi Morin avait à cœur de transmettre l’histoire de son exploitation et, à travers elle, les évolutions des modes de vie et de production agricole de la région.
Dans la grange aménagée en musée, une grande quantité d’objets exposés ouvrent une fenêtre temporelle, remontant jusqu’aux années 1950.
De vieilles trayeuses à vaches et barattes à beurre, des fers à repasser en fonte, d’anciennes télévisions, des affiches, des livres… le riche inventaire du musée vient des objets de la famille Morin, mais a aussi été glané par Valérie St-Amand dans les ventes-débarras de la région.
Avec ce musée, Rémi Morin veut répondre à cette question :
D’où qu’on vient?
. À chaque objet, son épouse et lui racontent une partie de l’histoire des gens du coin.
Les agriculteurs accueillaient déjà quelques curieux, mais des visites sans réservation seront possibles le samedi, du 28 juin au 25 octobre. Des groupes scolaires auront aussi la chance d'y aller.
À l’extérieur, les agriculteurs aidés de leurs huit enfants ont construit plusieurs enclos accueillant des lapins, des poules, des chèvres et même des émeus.
Sur chaque enclos, Valérie St-Amand a installé des pancartes informatives
pour qu’ils repartent en ayant appris des choses, sans avoir eu l’impression [qu’on leur fait] la morale
.
Cette démarche pédagogique s’est imposée comme nécessaire pour le couple qui a plusieurs fois constaté la méconnaissance du grand public sur le monde de la ferme et l’origine de leur alimentation.
Une fois on avait fait éclore des poussins
, raconte Rémi Morin qui s’est déjà fait demander par un visiteur :
Est-ce qu’il y a un poussin dans mon œuf en ville?
.
Je veux leur montrer c’est quoi la vie, à peu près, de la ferme
, revendique l’agriculteur qui est aussi représentant syndical à l’Union des producteurs agricoles
et maire de Sainte-Hélène-de-Mancebourg
.
À bord d’un wagon de style western tracté, Rémi Morin explique à ses visiteurs comment il s’occupe de son troupeau de 200 têtes, qui vivent à l’extérieur toute l’année.
Sa femme et lui transmettent leur passion par des sourires francs et une multiplicité d’anecdotes et d’explication précises, tant sur les vêlages, que le fumier ou encore la façon de protéger les vaches du vent de l’hiver.
L’agriculteur mentionne notamment l’épisode de sécheresse de l’été 2023, qui avait mis à mal les récoltes de foin, avec des répercussions jusqu’en été 2024.
Aujourd’hui, on est 2 % de la population à être des producteurs, pour fournir toute la population. 2 % c’est pas gros
, rappelle Rémi Morin, qui souhaite que son métier soit mieux connu et considéré par la population.
Dans le pré, les veaux de quelques semaines gambadent aux côtés des vaches à longues cornes. La population peut les observer le samedi grâce au nouveau service.
Montrer ma ferme, c’est une fierté
, confie Rémi Morin qui considère la journée d’ouverture au public, tous les samedis, comme une journée de congé.
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